Emmanuelle Drouet

Psychologue clinicienne


Cabinet paramédical
6, rue de Plaisance
94130 NOGENT/MARNE
Tél. : 06.61.48.84.53
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D.E.S.S. de psychologie clinique

Thérapeute praticienne en TCC - AFTCC

D.U. Troubles du comportement alimentaire

Numéro ADELI :
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Dois-je envoyer mon enfant en colonie de vacances ?

A l’approche des vacances de votre enfant, vous vous posez peut-être la question de savoir si c’est une bonne idée de l’envoyer en colonie. Cet article a pour objectif de vous éclairer sur la décision à prendre!

Si vous faites partie des parents qui sont déjà partis en colonie de vacances et qui en ont gardé un bon souvenir, je suis certaine que vous n’hésiterez sans doute pas à y envoyer votre enfant, surtout s’il manque de la famille pour l’accueillir  pendant les nombreuses vacances scolaires.

Pour tous les autres, sachez qu’il est important de bien vous assurer du sérieux du centre qui organise la colonie de vacances et de demander des précisions sur les conditions matérielles et le recrutement des équipes ainsi que les avis de parents qui y ont déjà envoyé leurs enfants, si vous le pouvez!
Il existe des colonies polyvalentes avec diverses activités et d’autres, plus spécialisées, proposant une ou deux activités. Si votre enfant est réticent à partir, il acceptera plus volontiers de partir dans une colonie spécialisée dans un domaine où il est bon.

La colo, c’est bon pour la santé physique et l’autonomie

Les colonies de vacances présentent un intérêt sur le plan de la santé physique. Les enfants peuvent bénéficier d’un rythme de prises alimentaires et d’un contenu équilibré d’activités physiques de toutes sortes, mais aussi d’un temps de sommeil qui répond à leurs besoins (l’heure du coucher notamment est en moyenne moins tardive que lors des vacances familiales).
Le séjour en colonie favorise le développement de l’autonomie. Un enfant ayant du mal à grandir a tendance à pousser sa mère à l’habiller, à ranger ses affaires, à lui brosser les dents, à le laver. En colo, il apprendra à gérer ses propres affaires et à assurer son propre entretien. Il sera soutenu par le personnel d’encadrement et par le groupe d’enfants grâce au processus d’imitation.
La colonie est aussi l’occasion d’écrire du courrier, ce que l’enfant fait peu, voire jamais, le reste de l’année.

Elle développe l’intégration sociale

La colonie de vacances est un lieu majeur de l’apprentissage en société. En colonie, les adultes luttent beaucoup plus contre la mise en place du statut de bouc émissaire qu’à l’école et veillent à ne pas laisser un enfant seul,  victime de rejet social.
De plus, les enfants ont la possibilité de rencontrer de jeunes adultes qui sont autant de nouveaux modèles possibles pour la construction de leur personnalité.
Sur le plan éducatif, les animateurs parviennent à faire passer des messages, là où les parents semblent échouer, non pas parce qu’ils seraient plus compétents, mais simplement parce qu’ils ont un lien affectif différent avec les enfants.

La colo améliore la place de chacun dans la famille

La séparation d’ avec les parents est aussi souvent bénéfique pour chacun des parents et pour le couple. Les enfants réalisent à distance, quand ils sont en colonie, les bienfaits dont ils profitent le reste du temps auprès de leurs parents. Ils sont d’ailleurs souvent plus participatifs et disciplinés à la maison après un séjour en colonie.

Le séjour en colonie d’un enfant est aussi potentiellement bénéfique pour la place de chaque enfant au sein de la famille : pour celui qui part comme pour celui ou ceux qui restent. Dans l’hypothèse où 2 frères partiraient en alternance, chacun d’eux profiterait d’une relation singulière avec ses parents et d’un regard mutuel modifié.

Le départ d’un enfant permet aux parents d’avoir plus de recul et de porter un regard différent sur leur enfant. Par exemple, un enfant est parfois rendu responsable des problèmes relationnels à la maison. Il est désigné comme l’ « enfant symptôme ». Or si son absence se prolonge, la famille prend alors conscience que d’autres types de problèmes apparaissent, qu’ils prennent simplement un autre aspect, et que si l’enfant est agité à la maison par exemple, ce n’est pas parce qu’il crée des difficultés familiales mais parce qu’il reflète celles qui existent déjà.

Elle renforce la confiance en soi

Par ailleurs, certains enfants qui, en raison de difficultés scolaires ou d’estime de soi, se sentent déclassés peuvent trouver en colonie une reconnaissance qui leur faisait défaut. Car leurs aptitudes dans certains jeux, dans certains sports, dans certaines activités ou simplement leurs compétences relationnelles vont les rendre populaire auprès des enfants ou des animateurs, alors qu’ils pensaient présenter peu d’intérêt ou avaient un vécu d’exclusion à l’école. La colonie apparaît alors pour ces enfants comme un formidable booster d’estime et de confiance en soi.

En cas d’angoisse de séparation

Une forte angoisse de séparation peut être une contre-indication à un départ en colonie, mais celle-ci doit être relativisée. En effet, l’angoisse est souvent présente uniquement le premier jour et se dissipe ensuite. L’idéal est que vous puissiez envoyer l’enfant dans une famille quelques jours au préalable pour qu’il soit capable d’assumer une séparation plus longue. Une colonie courte est aussi un moyen de travailler cette angoisse de séparation. En revanche, évitez d’envoyer votre enfant s’il traverse une période difficile (divorce, deuil). L’enfant étant fragilisé, ce n’est pas le meilleur moment pour le placer dans un univers inconnu. Cependant, en cas d’absence de famille pour l’accueillir et quand les parents ne sont pas disponibles mentalement et affectivement, la colonie peut offrir la possibilité de mettre l’enfant à l’abri des conflits ou du chagrin des grands. En ce cas, prévenez l’équipe d’animateurs du contexte que traverse votre enfant.

Si vous préparez un enfant jeune à partir

Les colonies reçoivent des enfants plus jeunes, mais c’est à partir de six ans que les enfants sont habituellement prêts à partir en colonie de vacances. Si votre enfant n’est jamais parti, débutez par un court séjour (une semaine). Testé aux préalables quelques jours sans les parents, en famille par exemple. S’il peut partir avec un cousin du même âge ou un camarade, c’est plus rassurant pour lui. Inviter l’enfant à assister aux réunions de préparation en présence de l’équipe éducative. Il verra son futur animateur et d’autres enfants avec leurs parents.

A vous de de faire votre choix maintenant!

Source : Docteur Stéphane Clerget – Pédopsychiatre « Le pédopsy de poche »

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