Emmanuelle Drouet

Psychologue clinicienne


Cabinet paramédical
6, rue de Plaisance
94130 NOGENT/MARNE
Tél. : 06.61.48.84.53
drempsy@yahoo.fr


D.E.S.S. de psychologie clinique

Thérapeute praticienne en TCC - AFTCC

D.U. Troubles du comportement alimentaire

Numéro ADELI :
94 93 0283 0

Plan du quartier >>

Cannabis: Parents, comment aider votre enfant?

Vous pouvez déjà commencer à en parler en prévention

Les discussions à la maison peuvent commencer très tôt avec les enfants, y compris au moment de la préadolescence car vos enfants en ont bien souvent déjà entendu parler ou vu fumer autour d’eux. Essayez d’utiliser des mots adaptés à leur âge,  de leur faire comprendre que certains jeunes consomment des drogues et plus précisément du cannabis en croyant pouvoir  résoudre leurs difficultés alors que le fait du fumer ne leur en apportera qu’une supplémentaire, parlez leur aussi du risque de dépendance. Vous pouvez aussi leur rappeler que c’est interdit et puni par la loi en évoquant la possibilité d’une condamnation pour usage de stupéfiants.

Si votre enfant vous en parle ou vous pose des questions, il est important d’être à son écoute. Qu’il vous parle ou non de sa propre consommation, mieux vous serez informé, mieux vous serez à même de le sensibiliser aux risques associés à la consommation de cannabis. N’hésitez pas à aller à des réunions d’informations pour parents sur le cannabis ou autres drogues , à aller consulter des sites internet sur ce thème ou encore à vous procurer des documentations informatives pour approfondir vos connaissances sur le sujet afin de pouvoir répondre au mieux aux questions de votre enfant.

Ce qui peut pousser votre enfant à « essayer » ou à consommer régulièrement, c’est l’idée de faire comme les autres, d’appartenir à un groupe et du coup d’en adopter les règles (bonnes ou mauvaises). Plus votre enfant sera préparé à se forger sa propre opinion, à l’exprimer et à se démarquer des autres, plus il sera capable (si l’occasion se présente), d’assumer et de faire des choix différents de ceux de ses amis. Il est important donc que vous le laissiez s’exprimer (même s’il émet un avis avec lequel vous n’êtes pas d’accord), que vous le laissiez avoir son propre mode de pensée (même s’il n’est pas tout à fait similaire au vôtre) afin qu’il apprenne à s’autonomiser, à se différencier sans pour autant se sentir rejeté. Cela lui apportera confiance en lui et dans sa capacité à être accepté sans pour autant faire tout « comme les autres ».

Il est important aussi d’aborder avec votre enfant la question du tabac. On sait bien que la consommation de tabac prédispose à celle du cannabis alors prévenir la consommation de cigarettes, c’est aussi réduire le risque de consommation de cannabis.

Quoi faire quand on apprend que son enfant fume?

 La 1ère chose est d’essayer de comprendre l’état d’esprit de l’adolescent.
A l’adolescence, la curiosité ou  la recherche de sensations nouvelles poussent souvent à de nouvelles expérimentations (rappelez-vous votre propre adolescence!). À cet âge, de nombreux jeunes font donc l’expérience du cannabis dans un but de convivialité, pour entrer dans un groupe ou conforter leur appartenance au groupe. Certains, mais pas tous, iront au-delà du stade de l’expérimentation. Pour les autres, l’expérience du cannabis restera principalement un comportement adopté à un moment donné, sans pour autant qu’il y ait de suite.

La 2nde chose à faire est de vous positionner, d’affirmer votre désaccord
C’est très important de vous positionner en tant qu’adulte et de ne pas hésiter à énoncer votre désaccord par rapport aux choix de votre enfant. Le plus important est que vous soyez convaincus que votre autorité est légitime (parfois,certains parents eux-mêmes consommateurs de tabac ou de cannabis se sentiront mal placés » pour « faire la leçon » à leur enfant) et que vous ne craigniez pas d’entrer en conflit avec votre enfant. Si cela peut vous « rassurer » ou vous conforter dans votre positionnement, les travaux des psychologues ont montré que le conflit et l’apprentissage de la frustration sont essentiels à la construction de la personnalité. Votre ado a besoin de vos limites pour se construire. Votre désaccord fait partie des limites à lui poser clairement afin de constituer pour lui un cadre rassurant, même si votre enfant ne vous montre pas forcément d’emblée que c’est important pour lui.

La 3ème chose est de ne surtout pas mettre en avant des arguments alarmistes
En effet, tenir un discours alarmiste à votre ado sur les conséquences de sa consommation de cannabis n’aura vraisemblablement que peu d’effet. Car si votre ado consomme, c’est probablement parce qu’il vit une période de plus forte vulnérabilité, de doutes et de questionnements. Il ne s’agit ni de dramatiser ni de banaliser la consommation mais de comprendre ce qu’il en est et ce qui se passe. Vous pouvez également lui rappeler que, contrairement à ce qu’il pourrait croire, en ne commençant pas à fumer, il ne s’exclut pas de la norme puisque la majorité des jeunes (près de 6 jeunes sur 10) n’a jamais consommé.

Comment parler à votre ado qui consomme ?
Tout d’abord… Gardez votre calme!!! Et, comme on le disait un peu plus haut, essayez de ne pas adopter un discours alarmiste ou moralisateur. Vous pouvez exprimer à votre enfant sans reproche ce qui vous inquiète, lui expliquer que vous ne cherchez pas à tout prix à le punir mais bien plutôt à comprendre ce qui se passe et au besoin à l’aider.
N’hésitez pas à décrire les changements que vous avez observés chez lui, les faits objectifs constatés (ex. non-respect de certaines règles familiales, mauvaises notes à l’école, abandon de certains loisirs, changement de fréquentations, disparitions d’argent…) et discuter avec votre enfant de ce que lui en pense.
Parler de comment il va, de ce qu’il vit. Essayez surtout de ne pas focaliser la discussion uniquement autour de la consommation de cannabis mais prenez en compte également d’autres dimensions de sa vie: son comportement en général, ses relations, l’école ou encore ses loisirs.

Il lui faudra surement du temps pour reconnaître l’existence d’un problème, car cela reviendrait à admettre qu’il ne maîtrise plus sa consommation. Le dialogue peut être d’autant plus difficile qu’à cet âge, votre adolescent peut ressentir votre aide comme un obstacle à son indépendance. Il est malgré tout fondamental que vous tentiez de maintenir le dialogue, que vous recherchiez avec votre fils ou votre fille l’origine de son mal-être, au sein de la famille ou en dehors. Même si la communication semble difficile, il est important de dire à votre enfant que vous vous souciez de lui. Même s’il ne vous le dit pas,  il a besoin de sentir que vous (son père, sa mère) êtes attentifs.

Si vous le sentez fermé au dialogue, laissez-lui bien entendre que s’il éprouve l’envie ou le besoin à un moment donné d’en parler avec vous, vous serez là pour l’écouter.

Comment l’aider à arrêter de consommer ?

Souvent les parents cherchent à limiter, voire à faire stopper la consommation de cannabis à leur enfant en supprimant son argent de poche. L’inconvénient de cette méthode est la possible dérive de l’ado vers le trafic pour continuer à se procurer de l’argent et donc du cannabis.

Une autre réaction courante est de contrôler les fréquentations de son enfants, voire même de dénoncer ceux qui lui fournissent du cannabis…

De telles mesures ont souvent un effet limité et empêchent le dialogue et la  confiance pourtant indispensables pour savoir ce qui se passe vraiment et pour chercher des solutions constructives.

Une idée à mettre en place peut être celle du « contrat » que vous pouvez passer avec votre enfant en fixant des objectifs clairs. Par exemple:
- limiter les lieux de consommation (pas à l’école ni à la maison)
- limiter la fréquence (pas pendant la semaine)
- éviter certains risques (pas de conduite après avoir consommé, pas de conséquences négatives sur l’ambiance familiale, ni sur les performances scolaires…).
Il importe également de fixer un délai pour faire le bilan du contrat. A vous de trouver un accord avec votre enfant sur ce délai.

Malgré ces objectifs clairs, gardez bien en tête qu’il n’existe pas de règles types ou de méthodes « toutes faites ». Les conditions du contrat  doivent être discutées selon la personne, la situation et le contexte.

Ne pas hésiter à faire appel à un tiers

Pour votre adolescent, arrêter ne sera peut-être pas si simple que cela car la consommation peut être liée à des difficultés profondes , à un mal-être ou à des troubles psychologiques (dépression, troubles anxieux, etc.). Il se peut que votre ado ne trouve pas en lui, y compris avec votre aide, la motivation et les ressources pour arrêter. Dans ce cas là, il est alors important et recommandé de se faire aider par des spécialistes (psychologues, psychiatres, services d’addictologie, etc.) qui l’accompagneront dans sa prise en charge.

Vous trouverez dans la rubrique » liens » de ce site des contacts ou coordonnées qui vous seront peut-être utiles.

Un livre pour vous aider: « Cannabis: aider mon ado à s’en sortir » de Maria poblete

Les commentaires sont clos.