Emmanuelle Drouet

Psychologue clinicienne


Cabinet paramédical
6, rue de Plaisance
94130 NOGENT/MARNE
Tél. : 01.48.72.74.89


D.E.S.S. de psychologie clinique

D.U. Troubles du comportement alimentaire

Membre du réseau REPOP 94, du SNP et de la FFPP

Numéro ADELI :
94 93 0283 0

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Comment surmonter l’infidélité de son/sa partenaire ?

Comment réagit-on lorsqu’on est trompée par le partenaire que l’on aime ?

On se dit souvent, en réagissant sous le coup de l’impulsivité, que l’infidélité, c’est la mort de notre  couple, LA chose la plus insurmontable et impardonnable!

Humiliation

Ce qui est très difficile à supporter lorsqu’on apprend que l’on a été trompé(e), c’est cette sensation d’avoir été  humilié(e), trahie et blessé(e) dans son amour propre.  On s’en veut aussi d’avoir été trop confiante et trop naïf(ve), d’avoir cru que notre partenaire  était « au-dessus » des autres, différent!  « Non, c’est impossible, pas lui/elle »,  « je ne l’aurais jamais pensé(e) capable de me faire ça! » Il faut donc accepter qu’il est finalement « comme » les autres et pas aussi idéal que nous l’avions imaginé… ce qui est parfois compliqué.

Mensonges

Mais ce qui peut apparaître encore plus difficile à supporter ce sont les mensonges du conjoint qui viennent balayer toute la confiance qu’on lui avait accordée. Comment, du coup, le/la croire quand il/elle nous dit que désormais, c’est une aventure belle et bien finie, qu’il/elle ne la reverra plus et que cette histoire n’avait pas d’importance… C’est encore plus compliqué si la découverte de l’adultère se fait suite à une indiscrétion et non suite à un aveu du conjoint.
Les images que le partenaire peut avoir ou se faire de « son » conjoint avec un/une autre sont également source de souffrance et de jalousie. « Qu’avait- il/elle de mieux que moi? » « Comment était-il avec elle? » et « comment était-elle avec lui? »
Ce ne sont pas seulement les images sexuelles qui torturent mais le fait par exemple qu’un(e) autre  ait pu monter dans la voiture commune ou qu’elle ait pu prendre notre place au cours d’un tête à tête au restaurant.
Selon moi, vouloir tout savoir de l’aventure  de votre conjoint n’apporte rien de bon, au contraire, les détails  ne peuvent que vous faire plus de mal. Alors, la meilleure des choses à faire est d’ éviter toutes les questions que, pourtant, vous avez envie de poser à votre partenaire. Ces détails, une fois que vous les aurez, pourraient vous encombrer plus qu’autre chose, sans que vous sachiez vraiment quoi en faire.

Tristesse/colère

Laissez-vous également du temps pour être triste, abattue ou furieuse puisque ce sont des réactions saines et normales  dans une telle situation. La colère est incontournable quand on découvre la relation extra-conjugale. C’est une protection psychique face à l’agression liée à cette découverte et à l’impuissance dans laquelle elle peut nous plonger.

Rester ou rompre ?

Relations courtes

S’il s’agit d’une relation courte, sans vrai engagement, il est effectivement sans doute préférable de rompre. Quand l’infidélité arrive au début d’une relation, c’est effectivement de mauvaise augure pour la suite de cette relation. De la même manière, si vous êtes face à un partenaire qui vous trompe régulièrement ou qui vous montre peu de respect, même si vous êtes attaché(e) à cette personne, il vaut peut-être mieux mettre un terme à la relation.

Relations longues

Les situations sont différentes et il faut éviter de mettre toutes les formes d’infidélité dans le même panier. Toutes les infidélités ne se valent pas. Un adultère purement sexuel et une infidélité amoureuse ne sont pas identiques.
Si, par contre, il s’agit d’une relation longue, tout est plus compliqué et de manière générale, il faut tenter de comprendre ce qui s’est passé avant de prendre une décision définitive.

N’ hésitez à vous poser la question suivante: « Est-ce que cette histoire vaut la peine que je me batte pour la faire durer? », « qu’est ce qui me plait chez cet homme ou cette femme et dans la vie que l’on partage  qui vaut le coup de se donner les moyens de dépasser ce cap difficile? »


Certaines personnes pour qui une infidélité compte peu en comparaison avec ce que représentent pour elles la famille / le foyer, préfèrent « passer l’éponge » sur l’infidélité de leur conjoint. Pour d’autres, c’est beaucoup plus difficile. Car même si souvent elles ont envie de réussir à tourner la page, d’ essayer de reconstruire autre chose avec le partenaire, c’est parfois trop douloureux voire angoissant!  « Et si je pardonne trop vite, ne va t’il /elle pas recommencer » (sous-entendu, si le prix à payer n’est pas trop cher, pourquoi il ne retenterait pas!!!). Comment être à la fois celle/celui qui a été trompé(e) et celle/celui  qui doit faire les efforts pour digérer et dépasser ce qu’a fait son partenaire????  « C’est injuste », diront certains… « c’est lui/elle qui faute et c’est à moi de faire les efforts! »

Issue favorable?

Pour certains couples l’infidélité peut, constituer un signal d’alarme très douloureux mais finalement profitable. Si chacun accepte finalement de donner du sens à la crise qu’ils traversent, en réfléchissant à ce qui a pu les amener à cette situation, alors le couple se donnera les moyens se reconstruire. Mais bien sûr, il faut du temps , environ 1 à 2 ans, et beaucoup d’énergie, de patience pour rétablir cette confiance et accéder au pardon. Le chemin peut être long et décourageant mais c’est possible. Selon le Dr Fauré, « une issue favorable est tout sauf le fruit du hasard: elle relève d’une décision commune et de l’engagement sincère dans un travail de fond ».

Si vous ne parvenez pas à éliminer cette souffrance seule, n’hésitez pas à consulter un professionnel.

Redonner une seconde chance à son couple ?

En tant que thérapeute, de part le récit des expériences de nombreux patients, j’ai la conviction que la relation extra-conjugale, aussi déstabilisante qu’elle puisse être, ne signe pas nécessairement l’arrêt de mort du couple.

Communication et recherche de sens

Parfois, une des conséquences « heureuses » de l’infidélité est qu’elle fait  circuler de nouveau la parole et souvent aussi le désir, qui s’effritent bien souvent avec la routine et le temps qui passe. Les couples, du moins ceux qui veulent essayer de surmonter la crise, parlent beaucoup et longtemps d’eux, de leur relation, comme ils ne l’avaient plus fait depuis longtemps.

Surtout, pour passer le cap, il est important de chercher le sens de l’adultère. Souvent, les personnes trompées pensent que si leur partenaire les a trompées, c’est parce qu’elles n’ont pas été à la hauteur ou bien parce qu’ils n’ont plus de sentiments ou de désir pour elles. En réalité, bien d’autres facteurs expliquent la trahison. Et les véritables causes peuvent être plus intimes, personnelles, sans forcément avoir rapport avec vous, ce qui peut s’avérer, malgré le contexte, rassurant.
Même si vous avez le sentiment que tout a déjà été dit, il est important que vous communiquiez avec votre partenaire autant de fois que vous en aurez besoin. En étant à son écoute, même si les arguments qu’il/elle vous donne ne paraissent pas justifier, à vos yeux, son acte… Vous avez le droit de ne pas le comprendre, d’être en colère, etc. Mais surtout écoutez-vous plutôt que d’être dans les reproches ou les accusations. Une étude  de Peggy Vaughan montre que 86% des couples qui parlent  de façon ouverte et sincère de la relation extra-conjugale  restent ensemble alors que seulement 55% restent ensemble s’ils en parlent très peu ou pas.

Pardon

Le pardon n’est pas synonyme d’oublier ou de faire comme si rien ne s’était passé. Ce n’est pas non plus accepter les actes de l’infidèle, minimiser la tromperie ou être faible. Pardonner, c’est accepter d’abandonner petit à petit la colère et le ressentiment qu’on éprouve à l’égard de l’autre. Si persiste en vous,  un désir de vengeance, de l’amertume ou l’envie de faire du mal à l’autre, vous ne pourrez pas encore être dans la démarche de pardon.

Cette dernière est une phase  importante car elle évolue en  parallèle du retour de la confiance en l’autre. Il se cache toujours derrière la colère de la souffrance. Or, être capable de pardonner, c’est du même coup, moins souffrir. C’est aussi renoncer à son statut de victime auquel certaines personnes restent fixées. Parfois, dans certains contextes, le pardon est impossible et la séparation se profile alors.

Reconquête

Il peut arriver aussi qu’après la découverte de la tromperie, l’infidèle, qui se sent au fond soulagé d’avoir été enfin découvert, décide de tout faire pour reconquérir sa/son partenaire. Et cette reconquête est sincère même si certains l’interprètent en se disant qu’il/elle veut se racheter, qu’il/elle culpabilise, qu’il/elle a peur de se retrouver seul, etc. Il n’est pas rare non plus que la personne trompée tombe dans une forme de séduction réciproque. C’est ainsi que parfois des couples qui n’avaient pas fait l’amour depuis longtemps retrouvent du désir l’un pour l’autre .
Une fois cette parole et ce désir retrouvés, c’est comme si la situation permettait au couple de se laisser une seconde chance.
Cette seconde chance que certains couples s’autoriseront n’a pas pour objectif de reprendre la relation à l’identique, en faisant fi de ce qui s’est passé. La seconde chance est une vraie opportunité pour la femme et l’homme qui forment ce couple, de se réengager dans la vie, autrement. De ré-essayer, différemment. D’où l’importance de communiquer et d’exprimer ses besoins, ses insatisfactions, ses attentes pour savoir dans quel sens avancer.

C’est possible… et comme le dit Le Dr Fauré, cela peut devenir « un amour d’autant plus profond et d’autant plus précieux que vous l’aurez choisi une seconde fois en connaissance de cause ».

Conseils de lecture: « Est-ce que tu m’aimes encore? » du Dr Christophe Fauré chez Albin Michel (2013)

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