Emmanuelle Drouet

Psychologue clinicienne


Cabinet paramédical
6, rue de Plaisance
94130 NOGENT/MARNE
Tél. : 06.61.48.84.53
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D.E.S.S. de psychologie clinique

Thérapeute praticienne en TCC - AFTCC

D.U. Troubles du comportement alimentaire

Numéro ADELI :
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Comment réagir face au trouble alimentaire de mon enfant ?

Si vous avez le sentiment que votre enfant ou adolescent a basculé dans un trouble alimentaire, il est important, en tant que parent, de réagir. Nous allons voir de quelle manière cela est possible tout en évitant de tomber dans certains pièges ou certaines maladresses.

Une des premières choses à faire est de s’informer sur le symptôme (anorexie, boulimie, hyperphagie, etc.). Il est possible que vous ne sachiez pas évaluer de vous même la gravité de la situation, depuis combien de temps cela a commencé ou dans quel état psychologique se trouve votre enfant. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à prendre un RDV chez un psychologue spécialisé afin d’évaluer la situation, même si vous avez un doute sur le problème de votre enfant. Vous trouverez sans doute des réponses aux questions que vous vous posez et qui vous angoissent et serez donc rassuré de mieux comprendre ce qui se passe. Vous pouvez y aller seul ou en présence de votre enfant si vous lui en avez parlé et qu’il est d’accord pour s’y rendre avec vous.

Ensuite, n’hésitez pas, si le trouble est reconnu comme tel par le psychologue (ou psychiatre) et que cela entraine d’importants bouleversements familiaux (repas compliqués, disputes fréquentes, crises de larmes, etc.) à entamer une démarche personnelle de votre côté. En effet, cela vous aidera à évacuer les pressions quotidiennes qu’engendre la vie avec une personne qui souffre d’anorexie ou de boulimie. Cela peut aussi vous permettre d’à apprivoiser les changements de votre enfant, de lui laisser la liberté nécessaire pour évoluer au rythme de ses progrès sans que vous vous sentiez responsable de sa guérison. Vous pourrez ainsi apprendre à trouver le bon espace entre lui et vous, à lui faire confiance mais aussi, parfois à reconnaître votre impuissance. Savoir reconnaître votre impuissance pour aider votre enfant instaure une atmosphère favorable aux initiatives car du coup, vous serez là, disponible, mais sans aucune pression, ce qui sera un contexte propice pour l’évolution de votre enfant.

Voici une liste non exhaustive de situations qui sont fréquemment rapportées par les parents et pour lesquelles vous vous posez peut-être des questions. Nous allons voir ensemble comment vous pouvez réagir.

Si vous êtes inquiet face à son comportement qui a changé : Tentez d’engager la communication avec lui en lui expliquant les changements que vous avez observés, ce que cela vous fait de le constater et demandez-lui ce qu’il en pense. Si malgré vos multiples tentatives, il ne se confie pas à vous et que vous le sentez pourtant mal, n’hésitez pas à prendre un R.D.V avec un spécialiste pour lui, en en parlant avec votre enfant au préalable et en lui expliquant qu’il peut y aller « pour voir » et décider après de continuer ou non. Ce n’est peut-être pas à vous qu’il a envie de parler de ce qui ne va pas, même si c’est parfois difficile à accepter, il ne faut toutefois pas fermer les portes de la communication et donc lui permettre d’en parler à un professionnel.

Si votre enfant vous renvoie un grand sentiment d’impuissance : Ce sentiment est complètement normal. A partir du moment où vous aurez accepté qu’il y a des parts de son symptôme que vous ne pouvez pas gérer vous-même à sa place, vous  ressentirez moins cette impuissance. Et le fait de donner le relais à un médecin, un psychiatre ou un psychologue permet de faire quelque chose quand même pour votre enfant. C’est déjà beaucoup.

Quelle est la bonne distance à trouver avec lui ? La bonne distance est celle que vous réussirez à prendre avec le symptôme (boulimie, anorexie, etc.) sans toutefois en prendre avec votre adolescent. C’est complexe et il est donc très important que vous ne vous intéressiez pas seulement à ce qu’il a dans son assiette, ce qu’il a mangé, vomi ou acheté lors des courses… mais avant tout à lui, comment il se sent, comment il va, ce qu’il a fait de sa journée. Intéressez-vous à lui en tant que personne et pas avant tout aux signes évidents de sa maladie. C’est une personne avant d’être un malade.

Que faire s’il devient un vrai tyran à la maison, s’il veut tout gérer à sa façon ? Cela arrive souvent mais sans que ce soit vraiment volontaire de sa part. Votre enfant prend toute la place qu’il peut mais il prend aussi cette place là car elle lui est laissée !!! C’est donc à vous en tant que parent ou grand frère ou grande sœur de reprendre votre rôle. Chacun doit retrouver sa place. C’est-à-dire que c’est à vous, parents, de faire la cuisine pour la famille et pas à votre enfant et qu’il est primordial que vous ayez également votre attention dirigée sur vos autres enfants et pas seulement sur celui qui souffre d’un trouble alimentaire.

Vu son état, je n’ose rien lui refuser et je n’ose donc pas dire NON : Ne pas dire non à votre enfant, c’est comme lui dire OUI… Et céder, cela revient à laisser le symptôme gagner du terrain, ce qui risque d’aggraver la situation. Vous aiderez votre enfant en lui disant non, c’est lui poser des limites qui seront rassurantes pour lui. Vous l’aiderez ainsi à ne pas s’enfoncer plus dans son obsession.

Si les placards se vident, je fais quoi : Surtout, la chose à ne pas faire est de poser des cadenas ou de fermer les placards en cachant la clé. Vous fermerez ainsi toute communication entre votre ado et vous. Essayez plutôt de lui expliquer que les placards sont communs et que dans cette mesure là, vous êtes en droit de réagir. L’idéal est de pouvoir en discuter calmement, sans le culpabiliser ou lui faire des reproches. Donc plutôt que de lui dire « tu as encore fini tous les gâteaux » ou « j’en ai marre que tu manges tout », essayez plutôt de comprendre ce qui l’amène à faire ça, ce que ça lui apporte, comment il se sent après … pour mieux comprendre son fonctionnement plutôt que d’être dans le jugement.

S’il me demande souvent de l’argent, dois-je lui donner ? Là encore, l’objectif n’est pas de le sanctionner en ne lui donnant plus d’argent car le risque est qu’il se mette à voler dans les magasins (fréquent dans la boulimie) ou à vous voler vous. Si votre budget le permet, l’idéal est de lui donner une certaine somme fixe et unique par mois qu’il apprendra du même coup à gérer lors de ses dépenses. Soyez fermes et respectez vos engagements car à la moindre faille, votre enfant essaiera de vous soutirer de l’argent s’il s’aperçoit que vous avez déjà « craqué » une fois en lui en re-donnant.

Votre rôle de parent reste essentiel, même si le trouble n’est pas facile à appréhender, à comprendre ou à supporter. Il est important surtout de ne pas infantiliser votre ado et de le considérer en tant que personne avant toute chose et donc de s’intéresser à lui avant de s’intéresser à son assiette.

Si d’autres questions vous taraudent, que je n’ai pas abordées dans cet article, n’hésitez pas à me les envoyer par le biais de la rubrique « contact » et je rajouterai vos questions et mes réponses à la fin de cet article.

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